Raid : Nice – Briançon à ski de randonnée

il existe un monde d’espace, d’eau libre, de bêtes naïves où brille encore la jeunesse du monde et il dépend de nous, et de nous seuls, qu’il survive.

Samivel

Gialorgues, 11 mars 2003, un mardi après-midi.

Le fidèle réchaud à alcool (cf. note 0) a tourné tout l’après-midi, délivrant imperturbablement toutes les demi-heures à trois-quart d’heures son litre et demi de thé tantôt Earl Grey, tantôt au citron. On ne lui laissera pas de répit et on enchaînera sur les soupes, trois bols chacun ce soir, puis sur les nouilles chinoises rallongées avec de la purée et, suprême délice, avec une petite boîte de thon à l’huile d’olive abandonnée ici par des randonneurs.

Belle étape aujourd’hui, presque alpine ; les crampons en avaient marre d’être trimbalés depuis déjà 4 jours, alors on leur a fait une petite sortie pour passer du vallon de Demandols
au Bolofré. Le piolet en a aussi profité, ça permet de faire des révisions : « Eh, Coco, un piolet ça se plante » – « Mais, Nico, on va pas tomber là ! ». Trois sommets pour le prix d’un, un pique-nique qui se prolonge au soleil, le tout en bonne compagnie : on peut l’aimer la vie…

(note 0) Si quelqu’un a quelque chose contre les réchauds à alcool (lent, lourd, peu efficace, ringard), on peut s’expliquer : je propose un défi par -10 °C avec un petit vent ; au pire on sera ex-aequo, au mieux j’aurai le plaisir de vous offrir le thé. La dernière fois c’est moi qui ai gagné.

C’est déjà notre quatrième jour de raid, le titre c’est « Nice-Briançon à ski », en tout cas c’est pour ça qu’on a signé. C’est presque un peu pompeux comme nom, ça veut surtout dire qu’on va traverser le Mercantour, l’Ubaye et le Queyras.

Nice on n’y est même pas allé, faut dire qu’il n’y avait pas de neige et comme on a horreur du portage on a préféré se faire déposer au premier point skiable d’où on peut définitivement quitter la civilisation. Définitivement, ça signifie une semaine, c’est déjà pas mal, non ?

Briançon, c’est déjà plus véridique comme arrivée. On aurait pu l’atteindre sans moyens mécaniques, mais avouons que le stop c’est nettement plus rapide et efficace que 10 km en coques de ski le nez dans les gaz d’échappements.

Ces vacances au ski, on peut les séparer en deux parties, une avec Anne et l’autre sans.

 

La première mène au col de Larche, 6 jours très sauvages.

Ce n’est pas la crête frontière qui a été choisie mais celle commençant au Mont Mounier, c’est le pays d’Ariane, elle y connaît des bons plans. On a croisé des gens qu’un seul jour, au Mont Mounier justement, c’était un dimanche, c’est la Cime de la Jasse locale. Nous on est déjà arrivé au refuge et les gens ils sont encore en train de monter, presque certains ils auraient besoin de la frontale à la descente. Si on prenait exemple, on pourrait faire une étape le matin, une étape l’après-midi. Mais à quoi ça servirait ?

Notre pire cabane, c’était au pied du Mont Mounier, puisqu’on en parle. Sallevieille c’est son nom. Nos services de renseignements nous avaient indiqué qu’on y trouverait quelques couvertures en cherchant bien, dans les placards. Ce fut facile, y’a qu’un placard. Gagné, 3 couvertures trouées, 4 matelas, nous sommes 6… Alors on s’emploie à étanchéifier la bergerie en colmatant les fenêtres et autres trous avec de la neige (pas super-efficace avec des cristaux à faces planes !). Anne révolutionne le système multicouche cher à Mac, elle arrive à 10, 12, je sais plus… Arnaud nous sort une bougie tempête qu’il vient négligemment d’acheter en Nouvelle-Zélande, elle tient au vent…
Sam fait du préventif avec une bouteille de Pastis qu’il n’est d’ailleurs pas le seul à apprécier, feignant d’ignorer les relations plus que suspectes entre absorption d’alcool et hypothermie… Ce soir je serai le seul à me laver les dents, le début d’une lente décadence… Ariane et Seb ont un truc super pour avoir bien chaud, d’ailleurs ils ont passé l’après-midi sous les couvertures. Eh bien, c’est la meilleure nuit qu’on ait passé sur ce début de raid et on a même pas entendu les réveils. Sallevieille, longtemps nous nous souviendrons de toi !

De la longueur le lendemain. Midi, arrivée au premier col, des sabots de neige plein les skis et des empreintes de loup plein les yeux. On s’arrête là, ce qui nous attend fera une belle étape pour après, ce sera plus raisonnable avec un peu de fraîcheur. L’heure est critique : trois maisons marquées sur la carte en descendant ce vallon de Demandols, on décide
de toutes les visiter et de prendre la mieux équipée, marre de faire la vaisselle à l’eau froide. La chance est avec nous, l’une d’elles nous laisse entrer ; il n’y a même pas de chauffage central mais c’est finalement mieux ainsi, et on dort quand même sous une couette en plume (pour 3 ; mais bon, certains en ont eu plus que d’autres). On a vu personne aujourd’hui, on ne verra personne demain, pas d’Internet, vive les vacances ! Aurait-on trouvé le (un ?) bout du monde ?

Le cinquième jour est synonyme de grand ski, enfin on s’en approche. Deux belles descentes sur des versants N dans une neige presque plus légère que la poudreuse, on serait remontés de bon coeur si d’autres lieux ne nous attendaient. On retrouve le goudron à Bousieyas, mais
rassurez-vous, il n’apparaît que par plaques, c’est encore la neige qui fait la loi sur cette route réputée la plus haute d’Europe. L’un d’entre nous (par pudeur, nous taierons son nom), glandouillant sous le soleil, est questionné par deux papys qui passent par là. Au fait, on vient d’où les gars ? Vous me passez la fiche technique ? En soirée, la visite d’un renard dont nous ne savions pas encore qu’il était apprivoisé nous conduit à sortir les piolets pour la deuxième fois du raid.

Dernière étape avant Larche. Nous n’avons pas besoin de problème, mais des gros nuages commencent à déborder par l’Italie. Bye bye Enchastraye, on fonce vers le raide Pas de la
Cavale qu’on gravit sans coup férir. Je remarque distraitement que la pédagogie a porté ses fruits : « Eh, Nico, un piolet ça se plante » – « Mais, Coco, je vais pas tomber là ! ». Et on arrive à Larche sans avoir pu aligner trois virages…

Larche, les gens connaissent, à cause du col routier homonyme qui traverse sur l’Italie si ce n’est pour le spot de ski de rando. Nous on a dormi au gîte de Larche, chez P. Lombard. Les gardiens sont terribles : ils ont fait un 8000, une traversée de Mongolie en VTT, des diaporamas sur l’Amazonie et en plus ils ont accepté de garder dans leur cave le quintal de matériel et de vivres que l’équipe de Gaëlle et Fred nous a déposé en début de semaine (merci !). Cela va nous permettre, d’une part de mettre des vêtements olfactivement corrects, d’autre part de passer la fin de l’après-midi à faire les crêpes, depuis le temps qu’on en parle ! Les crêpes, c’est tout une tradition en montagne…

Ce vendredi, Anne nous quitte. Il faut qu’elle soit à 18h30 à Grenoble, fraîche et dispose, le tout en transports en commun, alors autant se lever tôt… On met donc le réveil à 4 h (oui, 04 h, du matin) pour faire la Tête de Sautron en aller-retour, une belle pyramide avec 1600 m de dénivelé à la clé. Descente en neige béton, à 10 h on est de retour (pas fous, Ariane, Seb et Sam attendent sagement en haut que le paramètre glisse bascule sur « tip-top » et en profitent pour remonter une petite pente) et Arnaud vient à notre rencontre, sortant du lit ou presque. Arguant de ses pieds en mauvais état, il a mis à profit cette journée plus ou moins abusivement dite de repos pour trier le contenu de son sac et tenter une approche de nos voisines de dortoir, des STAPS de Gap. Réussite flagrante d’un côté, échec cuisant de
l’autre…

Samedi. On entame résolument notre deuxième semaine de raid, Larche-Briançon. Des refuges gardés à toutes les étapes, des sacs d’autant plus light qu’on ne portera jamais plus de 36 h de vivres, c’est reparti pour un tour.

Le Pierrot de Larche a (une nouvelle fois ?) perdu son latin. Il a neigé toute la nuit, il neigera toute la matinée. Oh, pas beaucoup, mais avec un vent terrible. La descente du col de Mallemort est presque lugubre, une pente courte mais raide avec des accumulations et qui plonge sur un camp militaire fantôme noyé dans une lumière pâle. Là, les altimètres, c’est pas pour la frime. Cette fois ci, ils sont bien recalés, ça peut éviter que le chef ne soit, lui aussi, recalé. La pause de midi est réduite à sa plus simple expression, 15′ l’arrière train sur le sac et sans trop quitter les skis, le froid nous chasse rapidement. Après-midi lecture autour du poêle du refuge de Chambeyron, Sam qui n’est pas hydraulicien pour rien se dévoue pour faire le plein d’eau à l’entrée du lac grâce à la luge et au bidon du gardien, merci.

Ce dernier nous donne des conseils objectifs pour le lendemain : « vous verrez sur place, peut-être ça passera, peut-être ça passera pas. » Faut dire qu’avec les gardiens de refuge on est exigeant, on voudrait qu’ils prennent la météo montagne à 8h, 13h et 19h pour nous tenir informés des derniers développements de la situation climatique mondiale. Et qu’en plus ils fassent la rando avant notre matinal lever pour nous dire les dernières conditions, la raideur et l’orientation des pentes et où c’est qu’il faut regarder si on veut zieuter un gypaëte barbu. Finalement on a pas réalisé l’itinéraire tant rêvé depuis des mois qu’on potassait la carte, le Colle delle Infernetto n’a pas voulu de nous, ou plutôt on s’est méfié de lui, on reviendra. On profite sans remords de 20 cm de poudreuse légère comme si on faisait du freeride en Alaska, et nous imprimons 5 belles traces dans nos mémoires. Hélas, 12 raquetteurs (raquettistes ?) déboulent de front dans nos pas, la mémoire est rapidement rayée… Concession sans discussion à l’éthique, 10 km de stop nous permettront de rallier le bas de Fouillouse à Maljasset.

Maljasset, c’est un autre spot de ski de rando, le refuge CAF a un gardien aussi terrible qu’au gîte de Larche. Ici, il y a en plus des fauteuils devant la cheminée, une bibliothèque bien fournie, la sono à tous les étages et les derniers journaux pour mettre à niveau nos informations sur ce bas monde. Et en plus des pubs pour la Via Alpina, c’est des itinéraires de randonnée mais là c’est réservé aux gens qui ont plus de 150 RTT par an. Quand je vois l’agenda de mes grands parents, c’est pas gagné… L’étape qui mène au refuge Agnel passe par le col Longet ; si vous faites du 300 m/h de dénivelée c’est une performance éligible au livre des records, à partir de 400 m/h c’est que vous êtes en skidoo (et c’est interdit pour les touristes). Sur un replat plus prononcé que les autres, des cerveaux se déconnectent et les skis tracent des figures sans retours et autres symboles plus ou moins bizarroïdes. La direction précise que le vin de noix a été fini le deuxième jour pour des raisons d’allègement maximal et que la poire n’a duré que trois jours de plus (mais c’était du concentré !).

Le gardien du refuge Agnel a un skidoo, lui. C’est plus pratique que le sac à dos pour monter les bières. Il a aussi horreur qu’on mette les chaises de jardin dans la neige, ça les casse, le groupe UCPA en sait quelque chose. Il n’aime pas non plus qu’on étale nos Gore-Tex sur les tables de la salle à manger, c’est pas fait pour ça et en plus ça pue. Très organisé donc, il se rattrape néanmoins en nous proposant le très joli tour du Pic d’Asti pour notre désormais quotidienne randonnée du matin. Nous enchaînons par le col du Clôt du Poulain non sans avoir recroisé le groupe UCPA : devant le guide qui godille, derrière les stagiaires qui font des bassines. Faut dire que le guide, lui, il passe l’hiver sur les skis, pas étonnant qu’il y arrive à enchaîner les virages dans une peuf que les autres trouvent certainement croûtée. Finalement, on se sent pousser des ailes après le désormais quotidien casse-croûte au soleil : Pic Ségure, nous voilà ! Et hop, une descente en neige de rêve.

Abriès, la ville. On fait les courses à la superette du coin qui est nettement plus ouverte que celle de Larche. Arnaud et Sam craquent pour un pack de bière et nous concoctent une tartiflette, ça change de riz-purée, nouilles chinoises-purée, purée-roquefort, pâtes-purée, nouilles chinoises-couscous… Guillaume passe la fin d’après-midi avec nous, il est depuis
mi-décembre dans le Queyras sur les planches tous les jours. « Ben quoi, tu skies avec des gens qui sont en vacances et pas toi ? » Demain, dernier jour de raid, on prévoit le col de Malrif. Cela effraie un pépé du cru à qui nous demandons le chemin du gîte, mais nous restons confiants, nous estimons que les conditions sont sûres. C’est vrai que les pentes sont soutenues tout du long de la montée. Il y a plusieurs années, un gros groupe de hollandais s’était fait piéger, le pays s’en souvient… Un dernier sommet, le Grand Glaiza culminant à
3293 m, une descente exquise sur les Fonds de Cervières et c’est 12 km de pousse-bâton jusqu’à Cervières qui nous attendent.

Mercredi 19 mars, jour 12, 14 h. TERMINUS. Tout le monde descend !

L’équipe est un peu fatiguée ; Arnaud a un RV capital à Grenoble, Sam passerait bien un peu de temps avec la famille, Seb économiserait volontiers quelques jours de congés pendant qu’Ariane fait la grasse matinée. Et moi je continuerais avec plaisir jusqu’à Val d’Isère, ou Grenoble, peu importe ; mais seul c’est délicat et pas très marrant. Le coeur serré, je les laisse prendre le bus Briançon-Grenoble de 16 h et je continue le stop jusqu’à Névache.
Petite prolongation, je pousse jusqu’au refuge de Buffère, une petite merveille d’accueil et de chaleur dans un vallon nature. 2250 m de dénivelée positive dans la journée, même si le sac n’est pas lourd il n’est pas léger non plus, je n’aurai pas de mal à m’endormir. Plaisir de finir l’après-midi dans un transat au coin du poêle, un livre sur le Mustang sur les genoux : de futures aventures en perspective dans les vallées secrètes d’une terre lointaine… Plaisir de mettre les pieds sous la table après l’apéro, ça change de la bergerie de Sallevielle et c’est pas
mal non plus… Plaisir de faire la grasse matinée sous la couette jusqu’à 7 h 30, oui, 07 h 30 du matin, du pas vu depuis peut-être plus d’un mois. Mais le truc qui est con, c’est que les vacances seront finies quelques heures plus tard : à 12 h je me retrouve à faire du stop au Pont de l’Alpe.

Le Sappey en Chartreuse, 26 mars 2003

Merci aux Alpes du Sud pour ces deux semaines de beau temps (cf note 1) et d’aventures, Merci à Anne, Arnaud, Ariane et Seb, Sam pour leur fraîche et délicate compagnie.

(note 1) Mais c’est tout naturel mon cher Monsieur, vous n’êtes pas dans le Beaufortain non plus 😉

Crédits photo :

  • Arnaud et son appareil photo numérique. Quand vous avez un pote qui a un appareil numérique en raid, prenez des piles de rechange pour votre ARVA, parce qu’inévitablement il en aura besoin, lui, de piles de rechange (sans rancune !).
  • Nico et son appareil argentique qui tombe en rade au bout de 10 jours de ski. C’est pas une histoire de piles.
  • Seb il a fait des diapos, c’est pas super pratique à scanner, et j’avais pas les tirages d’Ariane sous la main alors tant pis.
  • Anne et Sam, quand ils ont vu qu’on avait déjà plétore d’appareils photo, ils se sont dit que ce serait toujours ça de moins dans leur sac à dos.

Pour savoir comment Anne a vécu ce raid, ou tout du moins la première semaine qu’elle a partagé avec nous (après, elle a craqué – non, je plaisante !), filez visiter sa page web dédiée : http://annebenoit.free.fr/images/raid2003/raid.html. Ne vous étonnez pas si on a les mêmes photos, c’est Arnaud qui en est le fournisseur officiel !

Rubrique « pourquoi pas vous »

Topo : faites un tour sur http://skirando.camptocamp.com.

Vous saurez tout sur le dénivelé affronté, les cols franchis et autres fades détails
techniques. Nous vous délivrons également l’itinéraire « projet » en PDF avec des couleurs et des graphiques. J’suis hyper déçu car Seb n’a pas encore mappé l’itinéraire sur la carte des alpes en 3D 😉

Rubrique « combien ça coûte »

Pas super cher (cf note 2),
soit environ 180 euros (1200 F pour les attardés du 20ème siècle) pour les 12 étapes
de raid ce qui fait 15 euros par jour. Ce prix comprend les nuitées, l’intendance, le
beau temps, les transports y compris le retour en stop. Ce prix ne comprend pas le
matériel personnel, les bières, les photos, les sherpas et le gentil déplacement du
papa d’Ariane le 1er jour. C’est bien sûr un prix par personne !

(note 2) Ben oui, c’est pas super cher 180 euros pour tout ça. Chez Atalante c’est dans le style 625 euros rien que pour Larche-Briançon, 6 jours. Bon, ok, eux c’est des pros, ils assurent. Mais Nice-Larche, ils ne savent pas ce qu’ils ratent ! Et puis leur prix, c’est pas Grenoble-Grenoble non plus !

Rubrique « que mettre dans son sac pour ce raid »

Eh oui, me direz-vous, c’était pas trop dur deux semaines avec des gros sacs ?

Avouons le tout de suite, il suffit d’emmener tout ce qu’il faut et rien que ce qu’il faut pour obtenir un sac relativement léger et acceptable à porter.

On obtient ainsi (voir tableau 1) le poids édifiant de même pas 7,1 kg d’affaires personnelles dans le sac, poids du sac compris, et de 9,9 kg sur soi (vêtements, skis avec peaux, chaussures…). On dit alors qu’on a un sac répondant à la norme NG2003 avec dedans tout ce qu’il faut pour franchir les passages les plus raides (piolet – crampons) et improviser une nuit dans un igloo (surpantalon – doudoune), dans les meilleures conditions de sécurité (ARVA – pelle – sonde).

Et encore, on pourrait gratter l’appareil photo, vu que les autres en ont un, et le sac à viande, voire la lampe frontale et le livre. Je chipote, me direz-vous ? Certainement, mais cela ferait encore gagner 629,18 g (soit 10% du poids du sac), on en reparlera au bout de 10.000 m de dénivelé…

Il faut néanmoins rajouter tout un tas de choses dans ce sac hyper léger, à commencer par au moins 1 litre d’eau, facile 1 kg, et environ 1 kg de casse-croûte par jour d’autonomie (grâce à une logistique ultra-pointue, nous n’avons pas porté plus de 4 jours de vivres, et sans prendre les repas dans les refuges). Et aussi un peu de matériel dit collectif à se partager : en vrac une trousse à pharmacie, une paire de jumelles, un kit pour réparations diverses,
une paire de peaux de rechange et une bombe de colle, les cartes adéquates et leur porte-carte ainsi qu’altimètre et boussole, le réchaud et son carburant, un téléphone
portable, un pied de biche pour ouvrir les bergeries et j’en oublie sans doutes.

Forcément, si vous rajoutez la caméra numérique parce que c’est bien sympa la vidéo, le nounours fétiche, un bon vieux jean de rechange, un jeu de tarot et deux ou trois autres indispensables babioles alcoolisées ou non, votre sac arrivera à 20 kg. Moi j’aime pas, ça fatigue et ça fait mal au dos.

tableau 1 : le contenu d’un sac à la norme NG2003

Objet à emmener (sur soi) Poids unitaire remarque
Appareil photo Olympus mu2 242 g  
ARVA 8000 avec piles 278 g  
Bâtons téléscopiques 600 g  
Chaussures de ski TLT3 3150 g  
Peaux de phoque Coll Tex Mix 322 g  
Skis de randonnée Atomic Tourcap Guide + fixations Low Tech 3660 g  
Salopette Stylfrance 810 g  
Bonnet péruvien 96 g  
Carline Millet taille L 284 g  
Tee shirt Lifa manches longues 134 g  
Gants polaire fins 52 g  
Stick à lèvres + crème solaire 40 ml (neuf) 68 g 1 pour 2
Briquet 20 g  
Opinel n°8 46 g  
Slip léger 46 g  
Chaussettes (montagne) 100 g  
Paquet de 10 mouchoirs en papier 22 g  
Lunettes de soleil Bollé + étui 50 g lunettes sur les yeux
total 9921 g  
     
Objet à emmener (dans le sac) Poids unitaire remarque
Slip léger 46 g  
Chaussettes (montagne) 100 g  
Paquet de 10 mouchoirs en papier 22 g  
Lunettes de soleil Bollé + étui 50 g étui dans le sac
Bol bleu (important, la couleur !) 30 g  
Bougie blanche 48 g  
Brosse à dent + dentifrice léger 40 g  
Serviette de toilette synthétique 40 g  
Livre de poche (300 pages) 150 g  
Crampons légers Camp LC480 avec antibott 670 g  
Piolet Simond Fox 316 g  
Pellicule photo 36p avec étui 26 g  
Lampe frontale Petzl Tikka avec piles 70 g  
Sac à viande en soie 142 g  
Sac à dos Karrimor Hot Earth 50 l 1250 g  
Pelle à neige Ortovox bleue 470 g  
Sonde à neige Nic Impex 280 222 g  
Couteaux Low Tech 164 g  
Collant fin Lifa 160 g  
Surpantalon Gore Tex Millet Taille L 900 g  
Masque Cébé 100 g  
Masque Néoprène 46 g  
Tee shirt Millet Carline Taille L 162 g  
Veste en duvet Dédé avec pochette 1010 g  
Veste Gore Tex Millet Power 766 g  
Gants chauds Lill Sport 136 g  
Surmouffles en Gore Tex Millet 126 g  
total 7096 g